Mon féminisme, mon entreprise & moi

Je suis féministe.

Je suis née le 08 mars, la journée des droits des femmes. Honnêtement, c’était écrit dès ma naissance. “Je suis féministe” : 3 mots inscrits dans mon ADN, à tel point que je n’en parle pas, parce que ça me semble évident.

Mais dans un monde où le mot féminisme devient un pauvre argument de vente et plus une conviction, et où les femmes sont privées de leur droit un par un… J’ai eu besoin d’écrire ce billet.

Je suis féministe.

Mon féminisme à moi n’est pas de ceux qui sont hurlés, de ceux qui sont scandés dans les rues. Honnêtement, mon anxiété sociale me regarde en rigolant en m’imaginant dehors dans une manif’.

Mon féminisme n’est plus non plus de ceux qui s’érigent, qui cherchent le fight, qui tentent par tous les moyens de faire comprendre aux boulets pourvus d’appendice masculin qu’ils ne valent rien s’ils ne voient la valeur de leurs semblables qu’en fonction de leur genre.

J’ai été cette femme qui expliquait, qui débattait, qui pitchait des émissions radio sur le féminisme, qui s’exprimait haut et fort. J’ai été celle qui défendait, celle qui ne laissait rien passer, celle qui reprenait inlassablement. Et qu’on a catégorisé folle, en colère, la meuf qui s’enerve, “oh dis rien y’a Margaux la rabat joie”.

J’ai été celle qui écoutait mes amies, mes proches, mes sœurs. Celle qui a vu les souffrances, qui conseillait, qui rassurait, qui pleurait en tandem. Qui s’est brisée, morceau après morceau, à écouter leurs récits - tout en taisant le mien.

Et puis, je me suis épuisée.

Hurler dans un vase creux et vide, hurler dans le vent, ça n’a jamais aidé personne. Et ma santé mentale a pris coup après coup. Voir les hommes naviguer joyeusement dans un monde comme des papillons qui butinent de fleur en fleur, pendant que les femmes apprennent à cacher leurs clefs entre leurs doigts pour rentrer m’a rendue malade. Je me renfermais chez moi de peur de me faire agresser, j’ai cessé de m’habiller comme j’aimais pour ne pas être vue, pas remarquée, pas agressée.

Mais m’éteindre n’est pas la solution. Ca ne le sera jamais. Je ne cèderai pas de terrain. Alors j’ai appris à choisir mes batailles, choisir mes armes, et trouver mon féminisme. Celui qui porte vers le haut sans noyer ma santé mentale. J’ai changé.

Je suis féministe.

Mon féminisme à moi, c’est d’éduquer mon fils à être un allié et pas une sombre merde. Chaque jour, en faire un humain bien, dont je sois fière, et auprès duquel les femmes n’auront jamais à avoir peur, honte, ou à se sentir mal à l’aise.

Mon féminisme à moi, c’est de travailler avec des femmes. C’est les mettre en avant, leur offrir toutes les ressources dont je dispose pour les voir réussir. C’est leur proposer mes services et mon expertises pour qu’elles puissent s’affirmer dans un monde où les business bros sont sur-représentés et seules les valeurs masculines semblent compter. Leur offrir un espace safe, où elles peuvent gérer leur entreprise comme elles l’entendent. Qu’elles veulent être sensibles, douces, dans l’émotion, ou bien au contraire affirmées, fortes, assurées : ici pas de jugement.

Ce qui compte pour moi c’est qu’elles soient motivées. Et qu’elles repartent confiantes, sereines, sûres d’elles et soutenues.

Alors voilà. Tu ne me verras pas à des manifs, tu ne m’entendras pas souvent m’énerver ou m’indigner sur mes réseaux sociaux.

Parce que, n’en déplaise à certaines, mon féminisme est de ceux qui sont doux. De ceux qui se chuchotent, qui se tissent délicatement, qui s’imprègnent avec évidence dans chaque discussion. Il existe dans la délicatesse, dans chaque message que j’envoie, dans le courage que j’envoie, dans la bienveillance. Il s’infuse dans les heures que je passe à rassurer, à empouvoirer, à motiver.

Mon féminisme n’est plus destructeur, plus tout à fait. La rage est toujours là, la haine, la colère, l’envie de tout brûler. Mais ce feu de haine ne me ressemblait plus. Alors, l’incendie rageant est devenu flamme qui forge. Il est créateur. Il créé un monde autour de moi où chaque femme peut réussir, et se sent fière d’être qui elle est. Une bulle de force qui t’élève doucement, une lumière qui te guide.

Mon féminisme est pour les femmes. Et il le restera.

Love + feminism, Margaux

Ps - si tu es non-binaire, ou dans la communauté LGBTQ+ : bienvenue. Mon féminisme s’étend à toi aussi, et ceci est une safe-place pour toi.

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